Avez-vous appris à cohabiter avec ces fleurs jaunes?

Ils sont de retour encore cette année et parsèment nos pelouses de taches d’un jaune éclatant. Considérés par plusieurs comme étant des mauvaises herbes, les pissenlits sont pourtant importants, essentiels même, pour nos écosystèmes, tant en ville qu’à la campagne.

C’est pourquoi des experts en biologie nous appellent à cesser de lutter contre leur présence et de laisser la nature s’épanouir.

Selon Claude Lavoie, biologiste, le mythe du pissenlit envahissant qui doit être éliminé est entretenu depuis de nombreuses années par les entreprises produisant des engrais et des herbicides.

« Ça ne date pas d’hier. Si vous regardez les publicités pour l’aménagement paysager, on voit toujours que, pour les hommes, la pelouse, c’est comme une bête à maîtriser. C’est jaune et c’est la plante parfaite pour les vendeurs de pesticides. Il n’y a jamais moyen de s’en débarrasser. C’est des ventes à répétition », a-t-il affirmé à Radio-Canada.

Selon lui, les offensives publicitaires entretiennent « le désir d’avoir une pelouse verte ». Et pourtant, on sait qu’« avoir une pelouse verte est très nuisible pour l’environnement ».

« Maintenir des pelouses vertes, ça demande énormément d’énergie. Ça demande du pétrole, des engrais qui sont des polluants, ça demande énormément d’eau », a-t-il expliqué, toujours à Radio-Canada.

Les pissenlits sont bons pour les abeilles, qui recherchent activement cette plante au printemps.

« C’est vraiment une ressource florale attirante, entre autres pour les abeilles », a mentionné Valérie Fournier, professeure titulaire au Centre de recherche et d’innovation sur les végétaux de l’Université Laval, à Radio-Canada.

« Au printemps, on a souvent un manque de fleurs alors que les abeilles refont leur colonie. Le pissenlit tombe à point pour les nourrir de manière bien nutritive », a-t-elle ajouté.

Madame Fournier, affirme qu’avec l’engouement grandissant pour les ruches en milieu urbain, les pissenlits ont leur place dans les espaces verts.

« Quand on ajoute des ruches en milieu urbain, c’est qu’on ajoute des grandes quantités d’abeilles. Si on n’ajoute pas de fleurs, à un moment donné, on va saturer l’environnement. Avec le pissenlit, c’est facile, on n’a pas à le planter et c’est une source de nourriture abondante. On veut une diversité florale. Le pissenlit ne va pas devenir une plante dominante. Il faut laisser la nature faire un équilibre », a-t-elle défendu.

Alors? Êtes-vous convaincus? Accepterez-vous les pissenlits sur votre terrain cette année?

 

Source: Radio-Canada · Crédit Photo: Adobe Stock