Cela fait plus de cinq mois que le nouveau coronavirus est apparu en Chine. Premier pays à avoir imposé des mesures strictes de restrictions des déplacements, c’est aussi le premier à avoir levé le confinement. La quarantaine a pris fin le 8 avril dernier et depuis, les Chinois pensaient pouvoir se déplacer librement, à condition de respecter les règles sanitaires. C’était sans compter l’apparition de nouveaux cas de coronavirus dans les provinces de Jilin et Heilongjiang. CNews relaye que des médecins craignent que cette nouvelle vague épidémique ne soit liée à une mutation du virus.

De nouveaux foyers de contamination ont émergé dans le Nord-Est de la Chine ces dernières semaines. Alors que depuis le début du mois de mai, les chiffres ne dépassaient pas 3 cas de covid-19 par jour dans l’empire du milieu, le 18 Mai dernier 37 nouveaux cas de coronavirus ont été détectés dans la province de Jilin, à la frontière nord-coréenne, rapporte Ouest-France.

Pour éviter les risques de propagation, les autorités de la ville de Shulan ont décidé de fermer les écoles. Les quartiers avec des cas confirmés ou suspects ont été mis en quarantaine et une seule personne par foyer est autorisée à sortir pour faire des courses. Rfi rapporte que les transports publics ont été suspendus et que cafés, restaurants, cinémas et infrastructures sportives ont été fermés. 700 000 habitants sont désormais obligés de rester chez eux, subissant les affres d’un reconfinement général.

« Des preuves claires »
La particularité de ces patients serait que ces derniers semblent être porteurs du virus plus longtemps, explique Qiu Aibo, médecin de soins intensifs en Chine. Le temps d’incubation chez les nouveaux cas recensés serait également plus long que celui observé chez ceux qui ont été infectés à Wuhan. Toujours selon le médecin, il semblerait également que cette « nouvelle forme » de Covid-19 touche principalement les poumons, contrairement à la première vague qui elle s’attaquait à plusieurs organes.

Pour l’heure, il est encore impossible d’affirmer ou d’infirmer qu’il s’agit d’une « mutation ». Pour cause, ces différences pourraient également s’expliquer par le fait que cette fois, les symptômes ont pu être observés plus tôt et avec plus de précision, contrairement à Wuhan, où les médecins étaient débordés à cause d’un afflux massif de patients. Pour Keija Fukuda, directeur et professeur clinique de l’université de Hong Kong, il faut donc « des preuves claires » pour établir avec certitude que le virus est entrain de muter.

Un virus qui viendrait de l’étranger
Selon Rfi, c’est une femme de 45 ans qui serait au départ de la chaîne de contamination. Si cette deuxième vague semble être moins virulente : seulement une personne est à déplorer dans la province de Jilin, il semblerait que c’est un contact avec des étrangers provenant de Russie qui serait à l’origine de ce nouveau groupe de cas, écrit CNews.

En France, « pas de signes précoces d’une deuxième vague »
Un tel scénario pourrait-il se produire ailleurs ? C’est une question que beaucoup se posent. Si certains ont affirmé qu’une deuxième vague était inéluctable, d’autres se montrent beaucoup plus rassurants. Interrogé par RTL, le Pr Frédéric Adnet, chef du service des urgences à l’hôpital de Bobigny, affirme qu’il n’y a « pas de signes précoces d’une deuxième vague ». Le médecin assure que « la situation est extrêmement calme, puisque sur les 16 lits ouverts et réservés aux patients Covid-19, nous n’avons que 6 personnes qui les occupent ». Même constat pour le service de réanimation dont les capacités retrouvent un niveau normal en Ile de France, indique-t-il.

Source: santeplusMag