Pour les couples qui ne vivent pas à la même adresse, le couvre-feu peut s’avérer un véritable casse-tête, rapporte TVA Nouvelles.

Si officiellement, les mesures sanitaires empêchent certains couples de se voir en tout temps, certains vont tout de même se rencontrer durant la journée. Or, il s’agit d’un casse-tête bien plus complexe après 20 h. Et c’est le cas d’un couple de Québec, qui l’a appris malgré lui et qui remet en question la pertinence du couvre-feu.

Jonathan Croteau et Roseline Tremblay ne vivent pas sous le même toit, mais chacun chez leurs parents. Et comme vendredi dernier marquait leur premier anniversaire en tant que couple, ils ont décidé de célébrer chez la jeune femme… jusqu’à ce que la police débarque sur les lieux.

« À 23h30, la police est arrivée et a cogné à la porte, à la suite d’une plainte », explique Jonathan à TVA Nouvelles.

« En pyjama, on venait de commencer à boire un verre de gin, on nous dit vous ne pouvez pas. J’ai dû aller le porter chez lui », raconte à son tour Roseline.

Les tourtereaux ont collaboré avec les policiers, mais ils se sont retrouvés dans une situation étrange.

« Ils ne pouvaient pas me garantir que je ne me faisais pas arrêter en allant le porter. Ce n’était pas mieux que j’aille le porter et qu’on reçoive une contravention », ajoute Roseline.

Le décret gouvernemental actuel interdit à tous de visiter quelqu’un à une autre adresse, et encore plus après 20 h. Toutefois, pour le couple qui a commencé à sortir ensemble avant la pandémie, il s’agit là d’un non-sens.

« Avant 20h on est correct, mais après 20h on ne serait pas légal, alors qu’on pourrait se contaminer bien avant 20h », souligne Roseline.

« C’est un peu une zone grise, c’est problématique. Logiquement, je ne pense pas que c’est le but du décret d’empêcher des jeunes de 20 ans de s’aimer et de se voir. Il y a peut-être une zone grise et les décrets sont assez difficiles à comprendre », estime de son côté l’analyste judiciaire, Me François-David Bernier.

Ainsi, Roseline et Jonathan demandent au gouvernement qu’il précise sa directive, voire assouplisse les règles.

« On ne fait pas de party, on ne voit plus nos amis, la seule chose qu’il nous reste, c’est de se voir. Je trouve ça dommage », déplore Jonathan.

« On aimerait avoir des clarifications sur cette zone grise. On aimerait arrêter d’être traités comme des criminels alors qu’on fait juste aimer quelqu’un d’autre », a-t-il lancé à l’attention du premier ministre François Legault.

S’ils n’ont pas eu de contravention vendredi soir, Roseline et Jonathan ont reçu un avertissement clair des policiers : la prochaine fois, ils écoperont d’une amende.

Contactée par TVA Nouvelles dimanche, la CAQ n’avait pas répondu aux demandes d’entrevue.

Source: TVA Nouvelles · Crédit Photo: Facebook