Pourquoi l’objectif de Nicolas Hulot est difficile à atteindre



Pourquoi l'objectif de Nicolas Hulot est difficile à atteindre

Nicolas Hulot a annoncé le 6 juillet un plan ambitieux. Mais même à l’horizon 2040, le délai semble trop court, estime le directeur de l’observatoire de l’automobile.

Le ministre de la Transition écologique a dévoilé le 6 juillet les grandes lignes de son « plan climat ». Objectif: limiter les émissions de gaz à effet de serre et atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2050. Nicolas Hulot a assuré que ce programme allait se « structurer au fil du temps sur les cinq années ». « Ce n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’une colonne vertébrale », a précisé le ministre, qui revendique une action sur le « long terme ». L’Express fait le point sur les perspectives d’avenir de ce plan avec Flavien Neuvy, le directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, a annoncé l’arrêt de la commercialisation des véhicules thermiques (essence et diesel) d’ici à 2040 : cet objectif vous semble-t-il atteignable ?

C’est un plan excessivement ambitieux. Quand on cumule les ventes de véhicules électriques et hybrides sur le marché français, on atteint difficilement les 5%. Grimper à 100% en seulement vingt ans semble compliqué. D’autant que, pour alimenter en électricité ces deux millions de véhicules « verts », il va falloir déployer une infrastructure gigantesque. Ce que l’on n’a jamais réussi à faire jusque-là: le plan Borloo de 2009 prévoyait la création de 400 000 bornes de recharge électriques publiques avant 2020… et nous sommes aujourd’hui à moins de 15 000.

Le moteur à combustion, pas condamné

Cette décision peut-elle influer sur la stratégie des grands constructeurs ?

Je ne pense pas. Pour la simple et bonne raison que le marché français représente moins de 2% des ventes d’automobiles dans le monde. Et même si tous les grands groupes investissent massivement dans les moteurs électriques et hybrides, l’essentiel de leur chiffre d’affaires provient encore des moteurs thermiques. Une technologie par ailleurs loin d’être condamnée, car elle ne cesse, année après année, d’être moins polluante et moins gourmande.

Est-ce que cela peut néanmoins se révéler bénéfique pour les marques françaises, qui sont bien placées sur le marché de l’électrique ?

À la marge, peut-être, mais il faut bien avoir en tête que Renault et PSA sont des groupes mondiaux qui réalisent la majeure partie de leurs ventes hors de l’Hexagone.

source:lexpansion




Partagez l'astuce avec vos amis:


Comments

comments